Ces derniers jours auront eu raison de ma bonne humeur, de ma joie de vivre. Je dors encore plus mal qu’avant, j’ai perdu mon sourire, je suis dans un état d’épuisement incroyable, mais aussi sous pression telle une cocotte minute. Ce samedi noir (et la suite évidemment car la merde ne s’est pas arrêtée samedi), plus des soucis personnels à la pelle auxquels je dois faire face dont je ne parle à personne. Je n’en peux plus, vraiment je n’en peux plus, physiquement, mentalement et pourtant je dois faire semblant d’aller bien, je dois continuer à sourire devant tout le monde, continuer à faire semblant d’aller bien alors que ça me pend au nez depuis trop longtemps et que je suis super seule à tout gérer.
Je suis fatiguée, épuisée, j’ai les larmes qui coulent pour un oui pour un non dès que je me retrouve ne serait-ce que 30 secondes seule, mais j’en ai vu d’autres, je vais m’accrocher car je n’ai jamais baissé les bras dans cette vie là, j’ai mangé des couleuvres toute ma vie et ce n’est pas maintenant que je vais arrêter de me battre. Il faut juste que je me relève, car là je suis littéralement tombée face à terre. Je fuis de plus en plus les humains, déjà que je n’étais pas un modèle de personne sociable mais j’en ai marre des gens qui savent te trouver quand ils ont besoin de toi, j’en ai marre d’être la seule à prendre des nouvelles, j’en ai marre de cette hypocrisie de certaines personnes, j’en ai marre de ces gens qui ne sont pas honnêtes. Je ne supporte plus tout ça, je sais pourquoi j’aime beaucoup plus la compagnie de mes animaux que de me confronter à mes pairs.
J’ai eu 50 ans il y a 3 semaines tout juste, j’avais toujours dit que je ferai une fête pour mes 50 ans moi qui n’ai jamais fêté mon anniversaire réellement et finalement rien, rien comme toujours pour moi au final. Je me plie en 1000 pour les autres et jamais rien pour moi. Et cette 50aine me fait ouvrir les yeux encore plus, alors je ne veux plus m’encombrer des gens pour qui j’ai donné sans aucune limite, le seul cadeau que je me fais pour mes 50 ans c’est de ne plus regretter ces relations où au final j’étais la seule à prendre des nouvelles de l’autre, à prendre mon temps pour l’autre, à me rendre disponible même si j’avais d’autres choses à faire à ce moment là. J’ai passé ma vie à prioriser les autres et moi je passe toujours derrière tout et tout le monde. Avant je croyais qu’en faisant plaisir aux autres, en leur accordant de l’importance, en me pliant en 1000 pour eux ils seraient un minimum contents, reconnaissants, mais en fait je me rends compte que dès qu’ils peuvent te cracher à la figure ils le font, que ce soit une « amitié » de 40 ans ou une plus récente. J’ai passé trop de temps à me consacrer aux autres, à me rendre disponible coûte que coûte pour eux à mon détriment. Si vous saviez comme j’ai ouvert les yeux ces derniers mois sur l’espèce humaine, je ne dis pas que je n’en souffre pas, loin de là, mais avant j’aurais avalé encore des couleuvres, j’aurais fait encore plus pour satisfaire l’autre mais là je n’ai plus envie, je veux des relations vraies, réciproques, l’unilatéralité je n’en veux plus. Je sais que les gens ne comprennent pas, que maintenant je ne dise plus oui à tout, mais c’est fini, ce n’est pas un manque de gentillesse, loin de là car je reste toujours cette personne gentille au fond de moi, serviable mais désormais je ne veux plus être la seule à tout faire pour une relation. Oh que oui on peut me critiquer, sur le fait que je dise non désormais, que je ne suis pas serviable, mais j’ai trop donné de ma vie, je n’attendais pas de mercis mais de prendre de mes nouvelles de temps en temps c’était la seule réciprocité que j’attendais. Je me rends compte que les gens ont toujours considéré normal tout ce que je faisais pour eux, sans jamais rien me donner en retour. Alors je prends mes distances, avec les gens qui se disaient amis avec moi, même avec des gens de ma propre famille. Si je vois que je suis la seule à prendre des nouvelles, désormais au bout d’un moment je n’appellerai plus. J’ai trop trop donné, pas que je le regrette car je l’ai fait toujours avec le coeur mais au détriment de tout ce dont je dois faire attention aujourd’hui c’est à dire mon équilibre physique et psychique. Comme je disais plus haut, j’ai eu 50 ans il y a 3 semaines, combien de personnes proches ou moins proches n’ont pas eu le geste de m’envoyer un petit message pour mon anniversaire, 50 ans bordel, 50 ans ça se fête quand même, 50 ans ça ne s’oublie pas. Alors oui j’ai eu mal le jour de mes 50 ans que ces gens m’oublient alors que je suis toujours la première à leur souhaiter (oui je suis la reine pour souhaiter bon anniversaire à minuit pile), à leur organiser des fêtes, des surprises, leur offrir des cadeaux choisis avec amour. Oui ça m’a fait mal, oui j’avoue, que j’ai eu le coeur serré, mais maintenant je remets ma carapace et je me protège de l’être humain. N’oublions pas une chose, les gens ne changent pas, jamais même si j’ai voulu y croire encore ces dernières semaines.
Et puis le climat général me fait royalement chier, tout est source d’angoisse, de stress, de portes ouvertes à la méchanceté, tu ne peux rien dire sans te faire insulter par des simples inconnus sous prétexte que tu ne rentres pas dans leur idéologie. Putain mais qu’on me laisse libre de mon propre arbitre, je n’accepterai jamais la violence qu’il y a de partout qu’on minimise, qu’on excuse sous prétexte de souffrance, de pauvreté, d’isolement. Je suis bien placée pour connaître parfaitement tout ça, je connais l’isolement, le handicap, le manque de thune mais jamais au grand jamais ça m’a valu d’avoir envie de tout casser, de détruire le bien des autres, de vouloir me faire du fric sur le dos des autres, ou ne serait-ce que d’envier ceux qui réussissent ou qui sont nés avec une cuillère d’argent. Je n’arrive pas à accepter ce climat ambiant, cette haine que des gens ont de nos institutions, de notre pays (ne me parlez pas de racisme ou autre des gens qui sont français d’origine crachent sur la France à longueur de journée, j’en ai vu trop ces dernières semaines). Mais non je ne veux plus courber le dos, je ne supporte plus ça quand on est rempli de haine contre un pays, faut aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte ailleurs. Mais pour ça faut en avoir le courage, mais c’est tellement mieux visiblement de cracher sur l’endroit qui te nourrit, te donne l’accès aux soins. Oui la France n’est pas parfaite, il y a plein de choses à faire, à repenser mais ce n’est pas en crachant dessus, en détruisant tout qu’on va y arriver. Bref je ne suis pas faite pour ce monde là, cette violence là, ce dénigrement permanent de mon pays. Je rappelle que je suis petite fille d’immigrés qui n’ont jamais craché sur la France, mon grand-père s’est battu pour la France, il a été naturalisé français en 1939 et jamais jusqu’à sa mort il y a 29 ans je ne l’ai entendu cracher sur la France, ma grand-mère non plus n’a jamais craché sur la France, ils aimaient vraiment la France, ils gardaient leurs origines italiennes dans leur coeur et ils ont tout fait pour être le mieux intégrés possibles, ils ont travaillé, beaucoup travaillé, mes grands-parents étaient des ouvriers, je n’ai nullement honte de le dire bien au contraire, ils m’ont tout appris et tout donné, ils m’ont donné l’amour que j’avais besoin pour me construire, à défaut d’en avoir ailleurs au sein de ma famille, ils m’ont inculqué les valeurs, le respect et si aujourd’hui malgré les tempêtes personnelles ou moins personnelles que je vis je me tiens encore (parfois difficilement) debout c’est grâce à eux. J’aime la France et la voir partir en lambeaux comme actuellement me fait mal, j’aime aussi l’Italie (et en Italie c’est guère mieux la situation actuellement), je ne renierai jamais la France ou mes origines italiennes dont je suis fière autant que je suis fière d’être française mais oeuvrons pour le pays au lieu de le détruire encore et encore. Nos politiques ne sont pas les seuls responsables, nous avons aussi chacun notre part de responsabilité et je crois que peu de gens en sont vraiment conscients. Alors je vais finir ainsi, lorsque plus rien ne va, il suffit de faire des choix, de se retrousser les manches et de faire en sorte que ça s’améliore, mais pas en détruisant quelque chose ou quelqu’un, on peut se faire entendre sans tout bousiller et ce de plusieurs manières. J’ai vu malgré le chaos du week-end de la solidarité envers les commerçants qui ont tout perdu, des gens qui sont allés nettoyer les villes auprès des éboueurs mais piller, casser, insulter la France ça ne mènera à rien bien au contraire.
A bientôt peut être, je ne promets plus rien car je me rends compte que la vie est tellement faite d’imprévus que je peux pas garantir de revenir vite, mais là ça faisait un peu plus d’un mois par rapport au dernier billet (c’est mieux que 3 mois 1/2). Et comme je le mettais à la fin de chacun de mes billets avant et parce que je trouve qu’on manque cruellement d’amour dans ce monde: With love… ❤