Je vais évoquer ma vie personnelle, sans trop en dire car mon jardin secret est important, je n’aime pas parler de tierces personnes sur mon blog, à part évoquer de temps en temps mes enfants et rarement ma mère car ça concerne ma vie familiale celle qui me prend tout mon temps et mon énergie, celle qui fait que j’ai mis ma vie en parenthèses et ce depuis longtemps. Attention c’est pas un billet pour chouiner ou me plaindre mais tout simplement parfois il faut que je pose des mots.
Je suis cette fille qui ne peut laisser ma mère seule, j’ai besoin de savoir comment elle va, car avec ses soucis de santé je suis toujours inquiète pour elle même si mes relations avec elle ont souvent été très compliquées (et encore aujourd’hui car elle ne voulait pas et ne veut pas de fille j ai été élevée par mes grands-parents de mes 0 à 6 ans mes frères et soeurs vivaient chez mes parents pas moi) mais je l’appelle 3 fois par jour pour voir comment elle va, si elle a besoin de quelque chose, je fais parfois le lien avec ses infirmiers/infirmières quand je suis un peu démunie et que je ne sais plus quoi faire pour telle ou telle situation trop complexe pour moi, comme ils y vont 3 fois par jour pour lui administrer ses traitements pour le diabète ça permet qu’ils voient le problème sur place quand je ne peux pas me déplacer comme je veux (car mes frères ne sont pas présents auprès de notre mère et que du coup j’ai cette impression de faire tout le boulot seule <- ce n’est pas qu’une impression en fait).
Et puis il y a mes enfants, mes 3 enfants pour qui j’ai donné ma vie, mon temps et tout ce que j’avais. Je ne leur reproche rien que les choses soient bien claires, mais il est vrai que j’ai toujours fait passer mes enfants avant moi, que j’ai toujours mis leurs besoins matériels, psychologiques, affectifs etc avant les miens et donc que j’ai mis ma vie en parenthèses en quelques sortes. Pourtant je me souviens très bien d’une de mes conversations avec une amie chère à mon coeur il y a quelques années (coucou Antonia), elle m’avait dit si dans un avion il y a un souci tu mets le masque d’oxygène à qui toi ou ton fils? Moi de suite j’ai répondu mon fils (Paolo était alors tout petit), elle m’a répondu c’est bien beau de vouloir le sauver mais sans toi il n’est rien alors que si tu te mets le masque à toi tu peux le sauver aussi et c’est vrai que ça a du sens et que souvent je repense à ça et malgré tout je ne sais pas faire autrement que faire passer mes enfants (et tout le monde) avant moi car c’est comme ça que j’ai appris, les autres avant et moi en dernier. Serait-ce par ma place dans ma famille la dernière de 6 enfants, serait-ce par la place qu’on a voulu me laisser? Les autres avant et moi toujours la dernière? Et au moment du divorce un père totalement absent de ma vie (je le voyais une fois par an en général quand il m’opérait même si tout le monde pense le contraire car il disait beaucoup de choses fausses, il a préféré sa nouvelle famille plutôt que de voir sa fille il s’occupait et emmenait en voyage les filles de sa compagne qui n’étaient pas ses filles à lui sachant que moi il ne m’a jamais pris une journée en vacances), une mère que je ne voulais surtout pas déranger alors je me faisais la plus petite possible malgré mes propres difficultés dont je ne parlais pas. J’ai souvent été la confidente de ma mère, parfois la mère de ma mère à ne pas vouloir la laisser seule, à être là autant que je pouvais, moi qui culpabilisais si je devais faire un truc et la savoir seule à la maison alors que mes frères ça ne leur a jamais posé de souci, j’ai toujours voulu m’adapter aux autres à leur bien-être et leur bonheur avant le mien. Je me suis aussi beaucoup occupée de mes grands-parents maternels aux derniers moments de leur vie, j’étais enceinte de ma fille de 8 mois je dormais sur un fauteuil pas loin d’eux car ils n’allaient pas très bien, ils étaient tout pour moi et je ne voulais pas qu’ils soient seuls. J’ai passé des nuits debout à les veiller.
Je crois que ma vie je l’ai toujours mise en parenthèses, en faisant passer les autres avant moi, en acceptant beaucoup de choses pour ne pas blesser et pour aussi avoir le minimum d’attention qu’on pouvait me porter. Alors oui souvent je suis tombée sur des personnes en couple à discuter, sans que je le sache et pourtant il s’est passé une fois un truc avec une personne qui était en couple et ça m’a détruite c’était il y a plus de 10 ans cette séparation et je suis profondément marquée encore aujourd’hui car j’ai accepté tout l’insupportable pour avoir quelques miettes d’attention, il a fait des allers retours entre sa femme et moi, en la quittant puis en y retournant, j’ai donc été la femme montrée puis cachée, humiliée, insultée (puisque tout le monde pensait qu’il se séparait pour moi mais non pas du tout), pour qu’il divorce au bout de 3 ans de relation douloureuse et qu’il parte pour une autre car visiblement je ne mérite pas l’amour. Depuis le temps a passé, les plaies sont toujours là bien béantes, depuis chaque relation est vouée à l’échec, je le sais au fond de moi car je n’arrive pas à prendre soin de moi, à m’affirmer, à faire respecter mes besoins et envies…
C’est triste et regrettable d’arriver à ce constat là, à presque 50 ans mais c’est la triste réalité, MA réalité. Les autres, leurs besoins, leur bien-être avant le mien, je me dévoue aux autres et à leur bonheur et moi dans tout ça? J’ai mis ma vie de femme entre parenthèses car je ne sais pas faire autrement, mais je crois que je mérite mieux que des miettes et qu’un jour mes enfants voleront de leurs propres ailes et que moi je serai bien trop seule. Ai-je le droit de penser enfin un peu à moi vraiment? Je crois que oui, je l’espère au fond de mon coeur, j’apprends encore…
Ton article m’a beaucoup émue…Je pense que beaucoup de femmes pourraient se retrouver dans tes lignes. C’est très féminin de se sacrifier pour les autres. Je dirais que selon moi les seules personnes a qui l’on doit ce « sacrifice » sont nos enfants car ils n’ont pas demandé à être là. Mais être présentes pour nos enfants ne signifie non plus renoncer à nos besoins. J’ai longtemps fonctionné de la même façon que toi, rester en retrait, faite passer tout le monde avant moi, raser les murs…toujours effrayée de déranger ou de blesser malgré moi. Tu as le droit de dire non, de poser tes limites. Toute personne qui se fâchera pour ça et bien qu’elle se fâche. Tu n’es pas responsable des émotions des autres. Et je pense que quand on a été le parent d’un parent c’est quelque chose que l’on a beaucoup de mal à enregistrer. On a dû prendre en charge les besoins émotionnels de nos parents par survie. Mais c’est l’inverse qu’il aurait dû se passer. C’était toi la petite fille qui avait besoin de l’amour et de la protection de sa maman. Je tiens à te le dire : tu n’as rien fait de mal. Quand on a grandit dans ce genre de climat on est souvent rongé par une culpabilité immense…penser à soi c’est comme une trahison. Ce n’est absolument pas tenable. Ça crée beaucoup de souffrances. Depuis un an je dirais, j’ai décidé de rendre ce que l’on me donnait et pour certains membres de ma famille je ne donne plus rien. Je me suis rendue compte qu’ils en avaient juste royalement rien à foutre de moi. J’ai été très naïve pendant trop longtemps, j’ai cru à quelque chose qui n’a en fait jamais existé. Pendant tout ce temps ils simplement leurs intérêts égoïstes…j’étais bien pratique et bien serviable. Oh je te cache pas que le jour où j’ai commencé à dire non ils ont vu flou car j’étais connue pour être celle qui était toujours là, disponible et prête à tout. J’ai eu le droit à beaucoup méchanceté. D’un seul coup j’étais devenue la pire personne de l’univers parce que j’avais posé des limites. Leur réaction m’a conforté dans ma décision. Aujourd’hui j’ai coupé les ponts avec ma mère car ce n’était plus possible… j’ai aussi pris de grandes distances avec les autres. Et si on m’avait à peine quelques temps plus tôt que j’en viendrais à cette décision je n’y aurais pas cru une seconde. Ça été la solution pour moi et depuis je me porte bien mieux. Il y a des jours sans mais je sais que c’est bien mieux comme ça. Aujourd’hui je me concentre sur moi, mon mari, mon fils et mes amis. Je n’ai plus l’énergie pour gérer des relations asymétriques. C’est une perte de temps et c’est humiliant. Personne n’a accepter cela. Je te souhaite vraiment de te faire une place…ça ne fera pas de toi une personne méchante, pas du tout. T’as le droit d’exister, de prendre de la place, de prendre du plaisir à la vie. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais ça en vaut la peine. 💖💖💖
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Tu sais je suis autiste tdah et j’ai pas ou très très peu d’amis vraiment, car je n’arrive pas à garder un lien sur le long, pas que je ne veuille pas mais en fait je en ressens pas le besoin d’appeler d écrire tout le temps, c’est terrible mais j ai quelques personnes qui le comprennent très bien tu sais pourquoi? Car elles aussi ont un trouble du neurodéveloppement…. Et puis à 50 ans je ne sais pas si je suis capable de changer vraiment, j’essaie de réparer mon enfant intérieur en ce moment, tout doucement.
Merci en tous les cas pour tes mots ça me parle tellement (je ne vois plus mes frères et ma soeur car en plus j ai subit de la part d’un de mes frères les pires choses qu’on puisse faire à quelqu’un physiquement et depuis oui je me porte bien mieux).
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🫂💖
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