
Chaque année je fais mon petit billet sur elle, car il y aura toujours cette douleur de l’absence, un vide immense en moi. Et de plus, cette année, ça fait 20 ans qu’elle est partie dans cette putain de nuit du 22 au 23 février après une chute et un hématome sous-dural. Elle est tombée dans le coma, je me souviendrais toujours j’étais avec ma mère et ma fille encore bébé si petite si fragile, mon père a reçu un appel de la clinique où elle avait été transportée. Nous n’arrivions pas à la joindre elle et son mari.
Puis quand j’ai eu mon père, qui m’expliquait qu’il avait été appelé (car chirurgien dans cette clinique où elle avait été transportée) mais qu’apparemment ce n’était pas grave. Sauf que c’était grave, elle était dans le coma, elle vivait ses dernières heures. JE n’ai pas pu lui dire au revoir, j’avais ma fille si bébé.
J’attendais un appel de ma mère, elle m’a appelé pour me dire la terrible nouvelle tard dans la nuit. J’ai tellement pleuré, je me souviendrais toujours comme j’ai pu pleurer pendant des jours et des jours. En écrivant ce billet les larmes coulent encore. J’ai passé tous les jours jusqu’à son enterrement le maximum de temps au funérarium. Il fallait que je la vois, que je la protège à mon tour comme elle l’avait fait elle pendant 20 ans de ma vie, que je puisse caresser son visage devenu si froid alors que sa peau était encore si douce.
Je vis depuis avec le vide laissé par son absence, je parle d’elle à mes enfants, on va la visiter souvent au cimetière. Mes fils ne connaitront jamais ses bras, la douceur de sa peau, son regard souvent plein de larmes quand elle n’arrivait pas à faire quelque chose à cause de son handicap. L’amour de cette femme, c’est celui que j’ai pour mes enfants et que j’espère avoir pour mes petits-enfants un jour, un amour inconditionnel, sans jugement, sans limite, un amour infini.
Elle c’était ma grand mère, la dernière issue d’une fratrie de 13 enfants,elle a perdu son papa quand elle était encore jeune. Elle, cette petite Maria Grazia née dans le village de Saint Thomas d’Aquin en 1917, restera ma mémé pour qui je porte un amour jusqu’à ma mort et bien au delà encore. Ceux qui la connaissaient l’aimaient tous, elle n’avait jamais de haine pour quelqu’un, elle était dotée d’une générosité de coeur énorme et tout ce qu’elle pouvait faire pour les gens elle le faisait sans jamais rien attendre en retour.